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Interview de Saoirse Ronan Movie Talk 2/2 Avec Transcript

Voici la seconde et dernière longue interview que j’ai traduite j’espère que vous allez adorer le fruit de mes efforts ! Bonne lecture !

Gérer son succès

J’ai vu le côté glamour du métier d’actrice depuis que j’ai fait la promotion du film Lovely Bones, parce que quand j’ai été à la cérémonie des Oscars, mais j’ai filé direct en Nouvelle Zélande, pour filmer Lovely Bones, donc je n’ai pas vraiment eu le temps d’en profiter. C’est plutôt fun de marcher sur le tapis rouge, mais ce n’est pas quelque chose de naturel, de se faire photographier par 20 photographes qui hurlent votre nom. C’est plutôt surréel. Vous pouvez vous y habituer au fur et à mesure, mais jamais ce ne sera quelque chose de naturel pour vous.
Quand je suis sur un plateau de film, je ne ressens pas ce côté surréaliste, je sens que c’est quelque chose que je suis supposée faire. La meilleure façon de faire face à ça, est, je pense durant la journée, faire ma promotion, et quand j’ai fini ma journée, je retourne dans ma chambre d’hôtel, fermer la porte et profiter du room service, et rester moi-même. Ce fut la meilleure façon de gérer ça. C’est très très fatiguant, de faire interview après interview, je me souviens d’un jour, on était à Los Angeles, on a fait 30 interviews télé, 5 minutes chacune, vous ne devez pas seulement faire attention à ce que vous dites, à votre diction, mais vous avez aussi des gens qui viennent vous maquiller, arranger vos cheveux, c’est intense.
Mais j’ai accepté cet état de fait, que je dois faire ceci, parce que je suis impliquée dans la promotion du film, en parler à tous le monde, c’est seulement comme ça que l’on commence à me connaître ailleurs qu’en Irlande, c’est bizarre.
Le fait que je sois Irlandaise et que j’habite en Irlande m’a beaucoup aidé, quand j’ai fini un tournage, je peux m’échapper d’Hollywood, revenir chez moi redevenir ce que j’ai toujours été. J’ai une vie bien équilibrée, mes parents viennent avec où que j’aille, ils me rappellent constamment qui je suis. Quand j’ai cette idée dans ma tête, je suis bien entourée, je suis immune aux mauvaises vibrations.

Retour à la maison

Les Irlandais ont toujours eu la fibre des conteurs ceci est valable pour monsieur tout le monde, la façon dont ils racontent leur journée de pâturage… L’Irlande est un pays chargé d’histoire, les habitants ont toujours travaillé très dur, et c’est intéressant de travailler avec des gens pareils.

Mes films favoris

Je sais que ce n’est pas un film très sérieux mais j’adore “School Of Rock” (rires) [Ecole du Rock NdT], un film très très marrant, je l’ai encore regardé hier soir. J’aime “My Left Foot”, je pense que c’est un film fantastique, je pense que ce que fait Jim [Sheridan] est super, j’aimerais travailler avec Jim, s’il regarde cette interview ! On a beaucoup de talents dans l’industrie du cinéma ici. J’ai fait un film il y a quelques années à Belfast, je sais que c’est super, parce que les membres de ‘équipe sur place, sont super pro et très bons dans ce qu’il font, mais il ne se prennent pas trop au sérieux, tout comme les Irlandais en général, je me sentais comme chez moi là-bas. J’aimerais le refaire si l’occasion se présentait. Et “The Commitments”, et “Adam and Paul”, oui des films comme ça , des films vrais.

Ambitions futures

Je voudrais être metteur en scène, et si possible écrire des scripts, quand je serais plus âgée, je serais toujours impliquée dans la production de film d’une quelconque manière si je le pouvais. C’est vraiment ce que j’ai envie de faire. Jouer est quelque chose qui me passionne de plus en plus au fil des jours. Si ça continue comme ça, oui je continuerai comme aujourd’hui.

Sur les traces de…

Je commence à regarder des vieux films, comme ceux avec Maureen O’hara, je pense qu’elle est fantastique, c’est intéressant car elle est tout ce que vous pourrez trouver dans une star hollywoodienne de l’époque, elle est belle, elle a du charme, elle est une grande actrice, mais elle a ce quelque chose d’irlandais très ancré, qu’elle semble avoir toujours eu. Mon père l’a rencontrée il y a quelques années, elle n’a pas habité l’Irlande depuis longtemps, elle a encore un fort accent irlandais, c’est super d’être au courant de telles personnalités. La grande alchimie qu’a à l’écran entre Maureen O’hara et John Wayne, quand il la menait à travers ce champ, tous les gens du coin qui les suivaient, je n’ai même pas vu tout le film, je connais pas toute l’histoire, mais j’étais juste scotchée sur l’écran, je sais pas, c’était très comique, drôle,
j’adore l’effet qu’ils produisaient à l’écran, et vous pouvez voir qu’ils étaient à l’aise entre eux dans la vraie vie.

Je pense que les acteurs et spécialement les actrices qui ont percé à Hollywood, sont très forts et bons dans ce qu’il font. Donc suivre la voie qu’ils ont tracée, bien que ce soit une chose pas évidente, pour moi, aussi bien pour des actrices comme Sarah Bolger et Emma Bolger, c’est un honneur vraiment, parce que ce sont vraiment tous de très bons acteurs, Irlandais ou Américano-irlandais. Je me sens fière de faire partie de ce groupe d’une certaine manière, et d’être reconnue en tant qu’actrice irlandaise qui travaille à Hollywood. Alors oui, je suis très contente de ça et très fière de me considérer en tant que telle.

Interview de Saoirse Ronan Movie Talk 1/2 avec Transcription

De toutes les interviews de la belle Saoirse Ronan (glanées sur Youtube), celle-ci est ma préférée, ambiance feutrée, atmosphère tranquille, Saoirse nous révèle ses influences, ce qu’elle aime. Cette fille a avant la tête bien sur les épaules malgré une notoriété hollywoodienne naissante et par conséquent une pression professionnelle sans doute compliquée à gérer comme pour toutes les stars. Je suis impressionné par sa maturité et c’est ce qui me séduit à ce stade chez elle. Voici le transcript en français de cette interview.

Saoirse Ronan : vous savez je n’ai pas vraiment décidé que ce serait quelque chose que je voudrai faire, avant de l’avoir fait. Ce serait comme dire que vous voulez faire du football avant de savoir shooter dans le ballon. J’ai vraiment dû essayer et en faire l’expérience par moi-même avant de décider.
Quand j’avais 5 ans, je ne pensais pas du tout à ce que j’allais faire. J’avais mes jouets, je regardais les séries télé, des choses comme ça.
Je pense que le fait que je sois fille unique m’a aidé, bien que j’ai reçu beaucoup d’attention des mes parents, dans le bon sens du terme, eh bien j’ai dû savoir m’amuser toute seule, j’ai joué avec mes poupées, inventé des histoires, je pense que cela m’a aidé à être plus créative très tôt.
Et je suis née à New York aussi. Le fait que je sois ouverte à d’autres cultures, à l’accent américain, les Américains, côtoyer ce milieu m’a aidé à mieux comprendre ce monde.

Getting Noticed – Se faire remarquer

Quand vous listez les différentes choses qui se sont passées ces années, il est difficile d’expliquer comment j’en suis arrivée là, je suppose qu’il y a  une part de chance, j’ai commencé à jouer quand j’avais 8 ans. La première fois que j’ai joué, c’était dans une série télévisée nommée “The clinic”, c’était un petit rôle, cela a servi je suppose à me familiariser avec la caméra, avec les autres acteurs, avec la scène, et j’ai pris beaucoup de plaisirs. Et puis j’ai continué et un an plus tard j’ai fait un autre rôle.
Avec le casting pour un rôle dns un film, cela a vraiment commencé.
J’ai été très chanceuse de jouer dans un premier film avec des pointures telles Michelle Pfeiffer, Paul Ruud, oui j’ai été très chanceuse de commencer comme ça.

J’ai fait un film avec Colin (Farrell), c’est quelqu’un ordinaire et gentille, et un très bon acteur.

The Lovely Bones

Je me souviens d’avoir entendu parler du film avant d’avoir même lu le script. Donc tout ce que je savais sur cette histoire était celle d’une jeune fille assassinée. Je n’étais pas vraiment attirée par ce script, mes parents non plus.
C’était une histoire que je ne pensais pas adaptée à une gamine, et même à ma carrière, j’avais un peu d’appréhension. Et alors j’ai lu le script, je l’ai trouvé tellement bien écrit, tellement beau, comme le livre, il vous plonge dans son atmosphère.
Les relations familiales sont très fortes, particulièrement quand Susie meurt, le grand voyage qu’elle fait après sa mort.
L’une des choses qui m’a le plus plu fut sans doute l’entre-deux monde. Personne ne l’a vraiment fait ça avant, aussi bien.
Ce monde bâti à partir des épisodes de sa vie, évolue selon ses émotions, il est traité de façon intéressante. L’année qui a suivi je regardais beaucoup de films, je les ai analysés, quand vous travaillez avec quelqu’un comme Peter Jackson, Peter Weir, ils sont tellement passionnés par ce qu’ils font, tellement impliqués, cela alimente votre imagination, et vous incite à en faire plus, à en apprendre plus. J’ai donc commencé à travailler ainsi.

J’étais nerveuse à l’idée de le voir pour la première fois, je ne pouvais réellement l’accepter en tant que film mais plutôt comme un travail, le voir à l’écran c’était bizarre.
J’ai travaillé dessus un an voire un an et demi, puis plus tard j’ai travaillé sur la narration, ça a été une grosse partie de ma vie, ça m’a tellement plu de travailler avec Peter et toutes les personnes impliquées, donc voir le film fini était bizarre. Mais depuis lors, je l’ai regardé environ 5 fois, et je le trouve beau, équilibré, fantastique.

Rôles préférés

J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer Briony, car elle est tellement différente de moi. Elle est l’opposée quasiment de moi, à part que nous soyons créatives toutes les deux. Nous sommes toutes les deux des filles vivantes, et heureuses. Elle n’était pas vraiment comme ça, elle me fait de la peine. Même maintenant quand on me dit que c’est une petite peste, qui a ruiné la vie des gens, je dis que ce n’était pas vraiment de sa faute. Elle le savait, mais ce n’était pas l’entière vérité, mais c’était la seule explication à son attitude.

J’ai adoré jouer Susie, définitivement une de mes favorites, peut être parce que je l’ai joué tellement longtemps, environ huit mois, soit bien plus que mes rôles précédents, je me sentais proche d’elle, presque comme une amie.

Travailler avec des monstres sacrés

Michelle Pfeiffer a été la première grande star d’Hollywood avec qui j’ai travaillé, elle est adorable, c’était super agréable d’avoir quelqu’un comme elle qui veillait sur moi. Mais quelqu’un qui m’a impressionné, Pete (Peter Jackson) bien sûr, il impressionne Hollywood, le monde entier, mais le connaitre en tant que personne, c’est quelqu’un de très gentil, avec un coeur gros comme ça, j’aime la façon dont il est passionné par ce qu’il fait. Il écrit, il dirige, il crée, il ne se limite pas à un certain genre de film. Et aussi Susan Sarandon et Stanley Tucci, et Guy Pearce, j’adore Guy Pearce. Oui j’ai été chanceuse de jouer avec ces acteurs, très à fond dans ce qu’ils font, sympas. Ca vous rend la vie diablement plus facile surtout quand vous débutez, quand on attend beaucoup de vous.

Voilà pour cette première partie a bientôt pour la seconde !